Recherche archéologique du bâti

Architecture du château fort

Plan, tour ronde et brique – ce que la documentation conserve

De Burg Uda, une seule tour subsiste. Pour comprendre l'ensemble, il faut donc le reconstituer à partir de deux sources : le bâti conservé et les résultats de fouille qui ont documenté le plan des parties démolies. Ensemble, ils livrent une image étonnamment claire – et un type de construction remarquable sur le Bas-Rhin du début du XIVe siècle.

Le château était un château de plan quadrangulaire régulier, ce que l'allemand appelle une Kastellburg : un ensemble presque carré entouré d'une douve en eau. Ce type ne suit pas le relief mais un dessin géométrique. Il suppose que le maître d'ouvrage disposait de moyens, d'un projet et de temps.

Le plan

Quatre tours d'angle, deux rondes et deux rectangulaires

Plan schématique du château principal de Burg Uda Un ensemble carré d'environ 30 mètres de côté avec quatre tours d'angle, deux rondes et deux rectangulaires, disposées en diagonale l'une par rapport à l'autre. La porte se trouvait du côté est. Des corps de bâtiment occupaient les côtés est, nord et ouest, tandis que le côté sud était fermé par un mur d'environ huit mètres de hauteur. Seule la tour ronde du sud-est subsiste aujourd'hui. tour ronde SE – conservée Ø 9,49 m tour ronde (démolie) tour d'angle (démolie) tour d'angle (démolie) Porte vers l'est, vers le bourg castral mur sud, env. 8 m, praticable cour intérieure aile ouest aile est aile nord douve 9–11 m N 10 m
Plan du château principal, schématique. À l'échelle pour l'ensemble lui-même (côté 30 m) ; la douve est représentée réduite. L'emplacement des trois tours démolies est attesté, leur diamètre ne l'est pas – elles figurent en pointillé et sans cote. Représentation personnelle d'après les données de Brocker et d'EBIDAT.

Le château principal formait un ensemble carré d'environ 30 mètres de côté. Aux angles se dressaient quatre tours – et non pas quatre semblables : deux rondes et deux rectangulaires, disposées en diagonale l'une par rapport à l'autre. Cette combinaison n'est pas fortuite mais un schéma délibéré que l'on retrouve sur plusieurs sites du Bas-Rhin.

La porte se trouvait du côté est, tournée vers le bourg castral. L'accès menait du bourg par le moulin d'Oedt et la basse-cour jusqu'au château principal, situé au milieu de la plaine marécageuse de la Niers. On sait peu de choses de la basse-cour : elle est aujourd'hui construite, et il n'est pas possible d'y fouiller.

Les bâtiments intérieurs occupaient les côtés est, nord et ouest. Le côté sud n'avait pas d'aile mais était fermé par un mur d'environ huit mètres de hauteur, praticable à son sommet. L'enceinte portait un chemin de ronde reposant sur des arcades.

Les épaisseurs de murs parlent d'elles-mêmes : environ 1,50 mètre pour les bâtiments, jusqu'à 3,00 mètres pour les tours. La douve mesurait 9 à 11 mètres de largeur, la berme extérieure 5 à 6 mètres. Le résultat était un ensemble très compact et massif – et dans la plaine marécageuse de la Niers, presque imprenable. Que l'agglomération d'Oedt ait été détruite en 1416 tandis que le château tenait n'était pas affaire de chance.

La tour ronde conservée

Cinq niveaux, une cheminée et une frise

Coupe schématique de la tour ronde de Burg Uda Coupe verticale de la tour ronde du sud-est, seule conservée. À l'origine cinq niveaux au-dessus d'un niveau de soubassement couvert d'une voûte en coupole. L'entrée se trouvait au troisième niveau, du côté ouest tourné vers la cour. Le quatrième niveau comportait une cheminée à jambage de trachyte et une bretèche de latrines. Une frise d'arcs brisés sur corbeaux ferme le mur en haut ; au-dessus se trouve la plate-forme panoramique actuelle. plate-forme panoramique (aujourd'hui) frise d'arcs brisés sur corbeaux 5e niveau 4e niveau cheminée à jambage de trachyte, bretèche de latrines 3e niveau entrée d'origine, côté ouest 2e niveau voûte d'ogives 1er niveau soubassement voûte en coupole depuis la cour 23 m diamètre extérieur 9,49 m épaisseur des murs des tours jusqu'à 3,00 m
Coupe de la tour ronde, schématique. Les hauteurs de niveau sont réparties de façon égale, les hauteurs réelles des différents étages n'étant pas attestées. Pour la hauteur totale, l'indication d'EBIDAT (23 m) est retenue ici ; voir le tableau des indications divergentes ci-dessous. Représentation personnelle.

Ce qui subsiste est la tour ronde du sud-est, d'un diamètre extérieur de 9,49 mètres. À l'origine, elle comptait cinq niveaux. La position de l'entrée est remarquable : elle ne se trouvait pas au sol mais au troisième niveau, du côté ouest tourné vers la cour. Une tour à laquelle on n'accède que par une liaison surélevée constitue, en cas d'alerte, un ultime réduit autonome.

Le soubassement était fermé par une voûte en coupole. Le deuxième niveau présente une voûte d'ogives gothique. Le quatrième niveau était manifestement un niveau d'habitation : on y trouvait une cheminée soignée à jambage moulure de trachyte et une bretèche de latrines. En haut, une frise d'arcs brisés sur corbeaux en saillie ferme le mur.

Depuis la restauration entreprise en 2009, un escalier mène à la plate-forme panoramique. Les 123 marches comptées aujourd'hui ne sont donc pas médiévales mais font partie de l'aménagement moderne.

Brique et trachyte

Du point de vue de l'histoire du bâti, l'importance de Burg Uda réside dans le matériau. Elle compte parmi les plus anciennes constructions en brique du Bas-Rhin. Alors que la pierre naturelle dominait en Rhénanie au début du XIVe siècle, les constructeurs ont ici opté résolument pour la brique cuite.

C'était une décision évidente aux conséquences durables. Les plaines basses du Bas-Rhin ne livrent pas de pierre à bâtir mais de l'argile en abondance. Qui voulait construire ici pouvait transporter la pierre sur de longues distances ou cuire des briques sur place. La seconde solution a donné à la région son visage caractéristique pour les siècles suivants.

On ne pouvait pourtant pas se passer entièrement de pierre de taille. Pour les parties qui comptaient – corbeaux, jambage de cheminée – on employa le trachyte, une roche volcanique du Siebengebirge acheminée par le Rhin. La brique pour la masse, le trachyte pour la précision et la représentation : cette répartition des matériaux montre où l'effort a été investi dans la construction.

Quand a-t-on construit ?

Deux indications existent sur la date de construction, et elles se complètent bien. L'analyse dendrochronologique – datation par les cernes du bois employé – donne une période de construction d'environ 1308 à 1311. L'histoire locale indique « vers 1300 » comme moment où Dietrich Luf III construisit le château et s'y installa, après avoir vendu avec le comté de Hülchrath sa résidence précédente.

Un point importe pour comprendre la date de 1313 : la mention de cette année ne se rapporte pas au début du chantier. Elle intervient à propos d'un agrandissement du bâtiment, et elle consigne que Dietrich Luf III remit son château en fief à l'archevêque de Cologne. 1313 est donc l'année de la première mention, non celle de l'édification.

Il y eut peut-être un prédécesseur : l'ensemble pourrait être issu d'une avouerie (Vogtei) des comtes de Kessel, qui agissaient comme avoués de l'abbaye de Gladbach à Oedt aux XIIe et XIIIe siècles.

Indications divergentes dans la littérature

Pour plusieurs mesures, des chiffres différents existent. Nous les donnons ouvertement avec leur attribution plutôt que d'en retenir une en silence :

CaractéristiqueIndication AIndication B
Côté du château principalenviron 30 m (Brocker ; EBIDAT)environ 35 m (exposé plus ancien)
Hauteur de la tour ronde23 m (EBIDAT)21 m (exposé plus ancien)
Niveaux de la tour rondecinq à l'origine (EBIDAT)cinq à six ; six niveaux accessibles aujourd'hui
Épaisseur des murs des toursjusqu'à 3,00 m (Brocker)environ 2 m (exposé plus ancien)
Matériau du jambage de cheminéetrachyte (EBIDAT)tuf (exposé plus ancien)

La colonne A est soutenue par deux sources spécialisées indépendantes. Nous la retenons donc pour les dessins, sans passer sous silence les valeurs divergentes. Une clarification serait possible par la documentation de fouille et un relevé actuel du bâti.

Non encore documenté

• Diamètres des trois tours d'angle démolies
• Hauteurs des différents niveaux de la tour
• Étendue et disposition de la basse-cour
• Provenance et format des briques employées
• Forme d'origine de la toiture de la tour ronde

Sources et état des connaissances

La base est constituée de Karl-Heinz Brocker, Geschichte des alten Amtes und späteren Gemeinde Oedt (Histoire de l'ancien bailliage et de la commune d'Oedt), publié par la Heimatverein Oedt e.V. (PDF, en allemand) et de EBIDAT, la base de données castellologique de l'Institut européen des châteaux forts, notice Burg Uda à Oedt (ebidat.de, en allemand). Les dessins sont des représentations schématiques personnelles d'après les cotes qui y sont données ; ils ne remplacent pas un relevé du bâti. Les points signalés comme ouverts ne sont expressément pas documentés.

Dernière mise à jour : août 2026

Pour aller plus loin

Bâtiment, trouvailles et maître d'ouvrage en contexte

Archéologie

Les fouilles

Campagnes vers 1960 et en 1988, les pilotis de chêne et plus de 100 vases céramiques.

Vers les trouvailles
Personne

Dietrich Luf III de Clèves

Le maître d'ouvrage : héritier endetté, vendeur de Hülchrath, seigneur de Kervenheim et d'Oedt.

Vers la personne
Seigneurie

Le bailliage d'Oedt

D'une avouerie des comtes de Kessel au château territorial de Cologne.

Vers la seigneurie