Les fouilles
Campagnes vers 1960 et en 1988, les pilotis de chêne et plus de 100 vases céramiques.
Vers les trouvaillesPlan, tour ronde et brique – ce que la documentation conserve
De Burg Uda, une seule tour subsiste. Pour comprendre l'ensemble, il faut donc le reconstituer à partir de deux sources : le bâti conservé et les résultats de fouille qui ont documenté le plan des parties démolies. Ensemble, ils livrent une image étonnamment claire – et un type de construction remarquable sur le Bas-Rhin du début du XIVe siècle.
Le château était un château de plan quadrangulaire régulier, ce que l'allemand appelle une Kastellburg : un ensemble presque carré entouré d'une douve en eau. Ce type ne suit pas le relief mais un dessin géométrique. Il suppose que le maître d'ouvrage disposait de moyens, d'un projet et de temps.
Quatre tours d'angle, deux rondes et deux rectangulaires
Le château principal formait un ensemble carré d'environ 30 mètres de côté. Aux angles se dressaient quatre tours – et non pas quatre semblables : deux rondes et deux rectangulaires, disposées en diagonale l'une par rapport à l'autre. Cette combinaison n'est pas fortuite mais un schéma délibéré que l'on retrouve sur plusieurs sites du Bas-Rhin.
La porte se trouvait du côté est, tournée vers le bourg castral. L'accès menait du bourg par le moulin d'Oedt et la basse-cour jusqu'au château principal, situé au milieu de la plaine marécageuse de la Niers. On sait peu de choses de la basse-cour : elle est aujourd'hui construite, et il n'est pas possible d'y fouiller.
Les bâtiments intérieurs occupaient les côtés est, nord et ouest. Le côté sud n'avait pas d'aile mais était fermé par un mur d'environ huit mètres de hauteur, praticable à son sommet. L'enceinte portait un chemin de ronde reposant sur des arcades.
Les épaisseurs de murs parlent d'elles-mêmes : environ 1,50 mètre pour les bâtiments, jusqu'à 3,00 mètres pour les tours. La douve mesurait 9 à 11 mètres de largeur, la berme extérieure 5 à 6 mètres. Le résultat était un ensemble très compact et massif – et dans la plaine marécageuse de la Niers, presque imprenable. Que l'agglomération d'Oedt ait été détruite en 1416 tandis que le château tenait n'était pas affaire de chance.
Cinq niveaux, une cheminée et une frise
Ce qui subsiste est la tour ronde du sud-est, d'un diamètre extérieur de 9,49 mètres. À l'origine, elle comptait cinq niveaux. La position de l'entrée est remarquable : elle ne se trouvait pas au sol mais au troisième niveau, du côté ouest tourné vers la cour. Une tour à laquelle on n'accède que par une liaison surélevée constitue, en cas d'alerte, un ultime réduit autonome.
Le soubassement était fermé par une voûte en coupole. Le deuxième niveau présente une voûte d'ogives gothique. Le quatrième niveau était manifestement un niveau d'habitation : on y trouvait une cheminée soignée à jambage moulure de trachyte et une bretèche de latrines. En haut, une frise d'arcs brisés sur corbeaux en saillie ferme le mur.
Depuis la restauration entreprise en 2009, un escalier mène à la plate-forme panoramique. Les 123 marches comptées aujourd'hui ne sont donc pas médiévales mais font partie de l'aménagement moderne.
Du point de vue de l'histoire du bâti, l'importance de Burg Uda réside dans le matériau. Elle compte parmi les plus anciennes constructions en brique du Bas-Rhin. Alors que la pierre naturelle dominait en Rhénanie au début du XIVe siècle, les constructeurs ont ici opté résolument pour la brique cuite.
C'était une décision évidente aux conséquences durables. Les plaines basses du Bas-Rhin ne livrent pas de pierre à bâtir mais de l'argile en abondance. Qui voulait construire ici pouvait transporter la pierre sur de longues distances ou cuire des briques sur place. La seconde solution a donné à la région son visage caractéristique pour les siècles suivants.
On ne pouvait pourtant pas se passer entièrement de pierre de taille. Pour les parties qui comptaient – corbeaux, jambage de cheminée – on employa le trachyte, une roche volcanique du Siebengebirge acheminée par le Rhin. La brique pour la masse, le trachyte pour la précision et la représentation : cette répartition des matériaux montre où l'effort a été investi dans la construction.
Deux indications existent sur la date de construction, et elles se complètent bien. L'analyse dendrochronologique – datation par les cernes du bois employé – donne une période de construction d'environ 1308 à 1311. L'histoire locale indique « vers 1300 » comme moment où Dietrich Luf III construisit le château et s'y installa, après avoir vendu avec le comté de Hülchrath sa résidence précédente.
Un point importe pour comprendre la date de 1313 : la mention de cette année ne se rapporte pas au début du chantier. Elle intervient à propos d'un agrandissement du bâtiment, et elle consigne que Dietrich Luf III remit son château en fief à l'archevêque de Cologne. 1313 est donc l'année de la première mention, non celle de l'édification.
Il y eut peut-être un prédécesseur : l'ensemble pourrait être issu d'une avouerie (Vogtei) des comtes de Kessel, qui agissaient comme avoués de l'abbaye de Gladbach à Oedt aux XIIe et XIIIe siècles.
Pour plusieurs mesures, des chiffres différents existent. Nous les donnons ouvertement avec leur attribution plutôt que d'en retenir une en silence :
| Caractéristique | Indication A | Indication B |
|---|---|---|
| Côté du château principal | environ 30 m (Brocker ; EBIDAT) | environ 35 m (exposé plus ancien) |
| Hauteur de la tour ronde | 23 m (EBIDAT) | 21 m (exposé plus ancien) |
| Niveaux de la tour ronde | cinq à l'origine (EBIDAT) | cinq à six ; six niveaux accessibles aujourd'hui |
| Épaisseur des murs des tours | jusqu'à 3,00 m (Brocker) | environ 2 m (exposé plus ancien) |
| Matériau du jambage de cheminée | trachyte (EBIDAT) | tuf (exposé plus ancien) |
La colonne A est soutenue par deux sources spécialisées indépendantes. Nous la retenons donc pour les dessins, sans passer sous silence les valeurs divergentes. Une clarification serait possible par la documentation de fouille et un relevé actuel du bâti.
• Diamètres des trois tours d'angle démolies
• Hauteurs des différents niveaux de la tour
• Étendue et disposition de la basse-cour
• Provenance et format des briques employées
• Forme d'origine de la toiture de la tour ronde
Sources et état des connaissances
La base est constituée de Karl-Heinz Brocker, Geschichte des alten Amtes und späteren Gemeinde Oedt (Histoire de l'ancien bailliage et de la commune d'Oedt), publié par la Heimatverein Oedt e.V. (PDF, en allemand) et de EBIDAT, la base de données castellologique de l'Institut européen des châteaux forts, notice Burg Uda à Oedt (ebidat.de, en allemand). Les dessins sont des représentations schématiques personnelles d'après les cotes qui y sont données ; ils ne remplacent pas un relevé du bâti. Les points signalés comme ouverts ne sont expressément pas documentés.
Dernière mise à jour : août 2026
Bâtiment, trouvailles et maître d'ouvrage en contexte
Campagnes vers 1960 et en 1988, les pilotis de chêne et plus de 100 vases céramiques.
Vers les trouvaillesLe maître d'ouvrage : héritier endetté, vendeur de Hülchrath, seigneur de Kervenheim et d'Oedt.
Vers la personneD'une avouerie des comtes de Kessel au château territorial de Cologne.
Vers la seigneurie